Vers une vraie bipolarisation de la vie politique française ?

Publié le par Martin Gale



L’université d’été du Parti Socialiste vient de s’achever à La Rochelle. Que faut-il retenir de cette grande messe annuelle ? Que Martine Aubry est pour des primaires ouvertes afin de désigner le candidat de la gauche aux prochaines élections présidentielles. Ce scoop n’en est pas un puisque de toute façon, elle n’avait pas d’autre choix que celui-ci, pressée par une majorité de quadra de son parti, comme on se plait à les appeler.


Non, le véritable intérêt est ailleurs : l’éventuel premier vrai pas vers une bipolarisation de la vie politique française. A droite, depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le pari, qui consistait à unifier les différents courants qui gravitaient autour de la planète UMP, a réussi. Avec l’arrivée prochaine de Philippe de Villiers et Frédéric Niousse, il est clair et indéniable que la boucle est bouclée. Sarkozy a su manœuvrer en fin stratège qu’il est.


 A gauche, c’est une autre paire de manches. Là, il faut composer avec les Verts de Daniel Cohn-Bendit qui se sont sentis pousser des ailes depuis les dernières élections européennes, le Parti Communiste qui ne signifie plus grand chose et dont le poids politique frise le zéro absolu, le Parti Socialiste dont les multiples courants font tourner la tête à de nombreux sympathisants, enfin les Radicaux de Gauche, dont au moins un représentant était pressenti pour entrer au gouvernement Fillon. Sans oublier le Modem, que Marielle de Sarnez a su présenter sous son meilleur jour  lors de la réunion organisée par Vincent Peillon, bien que ce parti ne soit pas de gauche au sens traditionnel du terme en France. La réunion de tous ces partis sous une même bannière parait fort peu probable, tellement les divisions et les querelles d’Hommes se font jour…


Pourquoi si peu de probabilités ? Peut être tout d’abord parce que Martine Aubry n’a pas le charisme de Sarkozy. D’autre part, les divisions semblent tellement profondes, rien que dans le seul Parti Socialiste, que l’on voit mal celui-ci prendre la tête d’une grande gauche unifiée et solidaire : le PC ne veut pas entendre parler du Modem, une partie du PS juge l’alliance avec le Mouvement Démocrate de Bayrou inévitable quand, dans le même temps, Martine Aubry annonce une politique à gauche toute ! Quant à Mélenchon, il lorgne plus du côté du NPA de Besancenot que du côté Centriste.


Les grandes démocraties modernes vivent au son du bipartisme politique depuis très longtemps : le Parti Démocrate et le Parti Républicain aux Etats-Unis, le Parti Travailliste et le Parti Conservateur en Angleterre, la CDU et le SPD en Allemagne. Dans notre pays, c’est l’exception française qui est une nouvelle fois la règle, cette chère exception française qui commence à être sacrément dépassée… Il serait pourtant de bon ton que les leaders de gauche s’inspirent de ce qui se fait  ailleurs pour gagner en crédibilité ! L’avenir de la gauche n’est pas vers l’extrême gauche, mais vers un solide partenariat avec les Centristes de Bayrou pour faire de cette union une sorte de Parti Démocrate à l’américaine.


                                                           Martin Gale

Publié dans La politique en France

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