Lettre ouverte à Hippocrate

Publié le par Martin Gale




Cher Hippocrate,

As-tu lu le Figaro ou écouté Europe 1 ce matin ? Si oui tu dois te retourner dans ta tombe. Te rends-tu compte ? Un médecin sur quatre travaillant sur Paris refuse de soigner les patients les plus pauvres. Ils sont devenus fous ! L’argent leur a fait oublier le beau serment que tu avais écrit : « Dans toute la mesure de mes forces et de mes connaissances, je conseillerai aux malades le régime de vie capable de les soulager et j'écarterai d'eux tout ce qui peut leur être contraire ou nuisible. ». Comme tu le dis très justement, ton art est destiné « aux malades », sans distinction de richesse ou de classe sociale, à l’attention des riches comme des pauvres, tous traités sur un même pied d’égalité.

Les gens les plus défavorisés, s’appauvrissant année après année, ne peuvent pas se payer le luxe de régler les dépassements d’honoraires que réclament les médecins. Cette société a instauré un système de santé à deux vitesses, système à l’intérieur duquel les inégalités ne cessent de croître.

Ces médecins ont prêté serment au Dieu argent, et ont enterré le tiens car trop humaniste dans notre société mercantile. Heureusement, certains n’ont pas perdu de vue la noblesse de ton art et le bonheur de l’exercer, avec en retour, ne serait-ce qu’un sourire d’un enfant né dans un milieu défavorisé.

 Salut à toi,

 

                                                                  Martin Gale

Publié dans La politique en France

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