Lundi 31 août 2009
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L’université d’été du Parti Socialiste vient de s’achever à La Rochelle. Que faut-il retenir de cette grande
messe annuelle ? Que Martine Aubry est pour des primaires ouvertes afin de désigner le candidat de la gauche aux prochaines élections présidentielles. Ce scoop n’en est pas un puisque de
toute façon, elle n’avait pas d’autre choix que celui-ci, pressée par une majorité de quadra de son parti, comme on se plait à les appeler.
Non, le véritable intérêt est ailleurs : l’éventuel premier vrai pas vers une bipolarisation de la vie
politique française. A droite, depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le pari, qui consistait à unifier les différents courants qui gravitaient autour de la planète
UMP, a réussi. Avec l’arrivée prochaine de Philippe de Villiers et Frédéric Niousse, il est clair et indéniable que la boucle est bouclée. Sarkozy a su manœuvrer en fin stratège qu’il
est.
A gauche, c’est une autre paire de manches. Là, il faut composer avec les Verts de Daniel Cohn-Bendit qui
se sont sentis pousser des ailes depuis les dernières élections européennes, le Parti Communiste qui ne signifie plus grand chose et dont le poids politique frise le zéro absolu, le Parti
Socialiste dont les multiples courants font tourner la tête à de nombreux sympathisants, enfin les Radicaux de Gauche, dont au moins un représentant était pressenti pour entrer au gouvernement
Fillon. Sans oublier le Modem, que Marielle de Sarnez a su présenter sous son meilleur jour lors de la réunion organisée par Vincent Peillon, bien que ce parti ne soit pas de gauche au sens
traditionnel du terme en France. La réunion de tous ces partis sous une même bannière parait fort peu probable, tellement les divisions et les querelles d’Hommes se font jour…
Pourquoi si peu de probabilités ? Peut être tout d’abord parce que Martine Aubry n’a pas le charisme de
Sarkozy. D’autre part, les divisions semblent tellement profondes, rien que dans le seul Parti Socialiste, que l’on voit mal celui-ci prendre la tête d’une grande gauche unifiée et
solidaire : le PC ne veut pas entendre parler du Modem, une partie du PS juge l’alliance avec le Mouvement Démocrate de Bayrou inévitable quand, dans le même temps, Martine Aubry annonce une
politique à gauche toute ! Quant à Mélenchon, il lorgne plus du côté du NPA de Besancenot que du côté Centriste.
Les grandes démocraties modernes vivent au son du bipartisme politique depuis très longtemps : le
Parti Démocrate et le Parti Républicain aux Etats-Unis, le Parti Travailliste et le Parti Conservateur en Angleterre, la CDU et le SPD en Allemagne. Dans notre pays, c’est l’exception française
qui est une nouvelle fois la règle, cette chère exception française qui commence à être sacrément dépassée… Il serait pourtant de bon ton que les leaders de gauche s’inspirent de ce qui se
fait ailleurs pour gagner en crédibilité ! L’avenir de la gauche n’est pas vers l’extrême gauche, mais vers un solide partenariat avec les Centristes de Bayrou pour faire de cette
union une sorte de Parti Démocrate à l’américaine.
Martin Gale